Créé en 2015 en remplacement du Droit individuel à la formation (DIF), le Compte Personnel de Formation (CPF) a profondément transformé l’accès à la formation professionnelle. Contrairement au DIF, attaché au contrat de travail, le CPF est rattaché à la personne et la suit tout au long de sa vie professionnelle, quels que soient ses employeurs.
Depuis 2019, les droits sont crédités en euros (500 € par an pour la majorité des salariés, 800 € pour les salariés les moins qualifiés, dans la limite respective de 5 000 € et 8 000 €). Chaque actif peut ainsi financer directement une formation certifiante, un bilan de compétences, une VAE ou encore certaines préparations au permis de conduire.
L’objectif du dispositif est double : renforcer l’autonomie des individus dans la gestion de leur parcours professionnel et favoriser l’adaptation des compétences aux évolutions du marché du travail, notamment dans un contexte marqué par la transformation numérique et le développement de l’intelligence artificielle.
Le CPF a rencontré un succès important, avec plus d’un million de formations financées chaque année. Il constitue aujourd’hui un outil essentiel pour accompagner les montées en compétences, les reconversions professionnelles et la sécurisation des parcours.
Des limites et de nouvelles contraintes
Malgré son succès, le CPF fait l’objet d’un encadrement croissant afin de lutter contre les dérives constatées ces dernières années (fraudes, démarchages abusifs, formations de faible valeur ajoutée ou fortement surévaluées).
Depuis 2026, plusieurs mesures viennent limiter les possibilités de financement :
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Une participation financière obligatoire de 150 € reste due par le titulaire lors de la mobilisation de son CPF, sauf dans certains cas d’exonération (abondement employeur, France Travail, etc.) ;
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Les bilans de compétences sont désormais plafonnés à 1 600 € de financement CPF ;
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Surtout, les formations préparant à une certification inscrite au Répertoire spécifique (RS) ne peuvent plus mobiliser plus de 1 500 € de droits CPF, même lorsque le titulaire dispose d’un solde supérieur. Seules les certifications inscrites au RNCP continuent de pouvoir être financées sans plafond, de même que la certification CléA.
Cette évolution constitue un changement majeur pour de nombreux organismes de formation proposant des certifications courtes (langues, bureautique, intelligence artificielle, management, soft skills, habilitations professionnelles, etc.), dont les coûts dépassent fréquemment ce nouveau plafond. Les bénéficiaires doivent désormais financer eux-mêmes le complément ou rechercher un abondement auprès de leur employeur, d’un OPCO ou d’un autre financeur.
Un dispositif à accompagner
Le CPF demeure un outil essentiel de sécurisation des parcours professionnels. Toutefois, la multiplication des règles d’éligibilité, l’abondance de l’offre de formation et les nouveaux plafonds de financement rendent son utilisation plus complexe pour les bénéficiaires.
L’accompagnement des actifs par les employeurs, les organismes de formation et les opérateurs du conseil en évolution professionnelle apparaît désormais plus indispensable que jamais afin de garantir des choix de formation pertinents, adaptés aux besoins du marché du travail et économiquement soutenables.